DECISION ET HASARD
Le pourcentage de hasard d'une manière générale. peut tendre vers les valeurs zéro ou I'infini. Lorsqu'il tend vers zéro, on parle de déterminisme ou d'organisation maximale.Si on considère que le hasard maximum est donné par le système atomique, comment un système organisé peut-il naître du hasard ? Pour répondre à cette question, il faut introduire les notions de propriété et de fonctionnalité. Prenons I'atome d'hydrogène, il est considéré comme un gaz parfait. Chacun de ses atomes et de ses molécules a une direction de déplacement totalement indéterminé, aucun sens de propagation n'est privilégié. Il a une propriété - il brûle avec la molécule d'oxygène - et une fonction - celle de carburant. On peut donc assembler des éléments simples à base de hasard, pour établir des fonctions complexes déterministes. Autre exemple, l'ordinateur, à partir d'atomes de silicium pur, d'arsenic et autres..., on construit une machine complexe ayant un pouvoir d'organisation logique gigantesque. Mais, me direz vous, et " I'intelligence ".. ...?
De la même manière, on peut considérer des éléments dont la fonction est I'abstraction, le neurone, contrairement au transistor. La connexion de cet élément permet de générer des idées plus ou moins intelligentes, certes. Et le nombre de possibilités d'idées générées dépend du nombre d'éléments d'abstraction connectés. Une combinatoire d'éléments finis forme un ensemble fini. Se pose donc, entre autres, ici. le problème des limites scientifiques.
Ceci dit, si I'on passe au stade supérieur de la complexité, on peut considérer un ensemble d'éléments d'abstraction comme un élément de simulateur mathématique ou un élément de calcul numérique, ce qui aboutit à la notion de calcul parallèle. La solution obtenue peut être considérée comme résultant d'une certaine intelligence.
Ou mieux encore, prenons un générateur aléatoire qui peut donner toutes les possibilités de séquences envisageables entre deux bornes. Cet élément complexe, contient forcément le résultat le plus intelligent. Se pose alors le problème de la décision. Quand a-t-on trouvé la solution recherchée ? Quand arrête-t-on la machine ? Ainsi un artiste comme Picasso, qui était capable de superposer plusieurs motifs, pourrait terminer son tableau lorsqu'il juge que celui-ci a atteint un niveau esthétique suffisant. De manière analogique, un problème physique peut être considéré comme résolu lorsqu'il répond à un paradigme. Un problème mathématique, pour moi, a toujours été à la fois logique et artistique. On pourrait aussi procéder par essais-erreurs corrigés, autour d'une solution définie, mémorisée par l'apprentissage, en prenant un chemin aléatoire.
Comme I'explique Jostein Gaarder en pensant a Aristote : le sculpteur fait découvrir a un jeune garçon, un cheval caché dans un bloc de granit, I'enfant bouche bée s'écrit : " Comment pouvais-tu savoir qu'il était caché à I'intérieur ? "
Les hommes politiques, ne s'y étaient pas trompés. Le pouvoir de décision est plus important que I'intelligence car I'homme construira des machines intelligentes mais, dans I'état actuel des prévisions, il lui restera toujours la nécessité de décider.
En outre, on démontre qu'en ce qui concerne les mathématiques, la décision ne peut pas être prise sans une part d'honnêteté. Qu'en est il dans la vie de tous les jours? Les décisions doivent être prises le plus rapidement possible, pour être éfficaces. Lhomme, individu, ne peut il être considéré comme un générateur d'idées aléatoires, dans un système démocratique ?
Le 24/05/97
Jean-Claude REYNAUD.